Wednesday 28 June 2017

Le président de Guinée Bissau appelle à arrêter les ventes de cajou dans un marché très spéculatif

Le président de Guinée Bissau appelle à arrêter les ventes de cajou dans un marché très spéculatif
(Commod Africa 05/10/17)

Avant même le démarrage véritable de la campagne de noix de cajou en Guinée Bissau, le président Jose Mario Vaz a demandé lundi aux producteurs de ne pas vendre leurs noix de cajou jusqu’à nouvel ordre. Une mesure destinée à tenter de stopper la contrebande d’anacarde dans le pays voisin, le Sénégal, où les prix sont beaucoup plus rémunérateurs, en dépit du coup de pouce dont ont bénéficié les producteurs avec une hausse du prix de FCFA 150 le kilo en 2017 (cf. nos informations Forte hausse du prix au producteur de cajou en Guinée Bissau).

Le différentiel de prix est du simple au double avec des achats bord champ se situant entre FCFA 500 et FCFA 600 le kilo en Guinée Bissau tandis les noix se vendent autour de FCFA 900 et FCFA 1100 au Sénégal, selon le dernier bulletin de N’Kalô en date du 3 mai.

Outre le différentiel de prix, le long blocage administratif pour l’agrément des exportateurs a eu pour conséquence la sortie déjà de grandes quantités de noix par le Sénégal. Les exportations de noix de cajou de Guinée Bissau se sont élevées à environ 200 000 tonnes en 2016

Vers une bulle spéculative sur le marché international

Sur le marché international, le prix de l’amande de cajou a atteint un record historique à plus de $5 la livre. Des prix tant des amandes que des noix très élevés alimentés par la situation du Vietnam, troisième producteur mondial et premier transformateur. N’Kalô parle d’une bulle spéculative et met en garde contre les lendemains qui déchantent. Alors que la production vietnamienne s’annonce moindre – avec des prévisions allant jusqu’à une diminution de moitié – « les importateurs de noix 
brute vietnamiens diminuent leurs critères de 
qualité en proposant des prix toujours extrêmement élevés pour la noix de cajou brute d’Afrique de l’Ouest. L’origine Guinée-Bissau/Sénégal/Gambie, qui est actuellement d’une bien meilleure qualité que les autres a vu, elle, sa cotation grimper de $ 50 à 100 la tonne », souligne N’Kalô.

Et de conclure : « même si l’offre de noix brute en 2017 sera probablement moins élevée qu’attendu (et encore, cela reste à confirmer), la hausse des prix de la noix brute et de l’amande de cajou semble fortement déconnectée des fondamentaux de l’offre et de la demande de noix de cajou ».

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